lundi, mars 05, 2007

montage kankourangs


montage copie
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Ziguinchor, Sénégal. Septembre 2007
C’est l’hivernage, et c’est la période traditionnelle des fêtes de la circoncision, du passage de l’enfant à l’âge adulte...

Je suis invité par Oury Diallo, un ami guinéeen vivant à Ziguinchor, à regarder « la sortie des kankourangs. »
Pour préserver les jeunes enfants circoncis des mauvais esprits, ces génies protecteurs d’origine mandingue agitent leur épaisse chevelure et frappent leurs « koup-koup », produisant un son qui ressemble à une détonation d’arme à feu.
J’ai été autorisé à prendre des photos. J’essaie toutefois de me faire discret pour ne pas perturber cette tradition. Plusieurs kankourangs sont déjà passés, et les femmes et les enfants se réfugient dans les maisons lorsque l’un d’entre eux les menace avec ses machettes.
Moi non plus, je ne fais pas le malin.
Les jeunes qui portent ces costumes d’écorces tressées font souvent dans les deux mètres, et leur parure elle-même les rend vraiment impressionnant.
Pourtant, quand le plus grand de tous est apparu, là bas, au bout de la rue, suivi à bonne distance par quelques enfants, je n’ai pas hésité, j’ai porté mon appareil photo à mon œil.
Et j’ai déclenché.
Trois fois.
Trois clichés, trois secondes qui se sont perdues entre la course effrénée du kankourang, et mes efforts pour le cadrer dans mon viseur.
Trois secondes, et il s’est retrouvé au dessus de moi, brandissant ses koup-koup, les aiguisant violemment au dessus de mon crâne. Retourné vers mes amis, j’observe leurs expressions : la peur, la colère, une certaine appréhension.
Curieusement, je suis calme.
Oury argumente, fait les gros yeux, et le menace : « Tu paieras ça, il ne faut pas faire ce que tu as fait. » Je me retourne vers le kankourang et lui fait signe que l’appareil photo est rangé.
L’histoire se clôt aussi vite qu’elle a commencé, comme souvent au Sénégal.

Aujourd’hui, cette tradition des kankourangs se perd. Ils n’ont plus, du moins dans les plus grands villages, le rôle prépondérant qu’était le leur. La tradition se fait fête.
Peut-être aussi à cause de moi, qui en voulant vous rapporter ces rites, en fait un spectacle montrable, malgré tout le respect que je porte à ces croyances.
Je laisse votre regard seul juge.


Steven Brochen

apparition


apparition
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charge


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dénouement


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